vendredi 9 mars 2018

Le débarquement a été truqué lui aussi (partie 2/2)


9) Pourquoi le haut commandement allemand n'a pas réagi les jours précédents et durant la nuit du 5/6 juin



9.1) Le message de Verlaine les jours précédant



Un premier élément qui aurait dû mettre en alerte le haut  commandement allemand était le message de Verlaine. La première partie de celui-ci est diffusée le 1er juin à 21h. Hellmuth Meyer, l'officier de renseignement de la 15ème armée, le capte et en comprend parfaitement sa signification. En effet, un membre de la résistance française payé par les allemands le leur a expliqué. Il le transmet alors à l'amiral Canaris, qui dirige le contre-espionnage allemand. La 15ème armée est immédiatement mise en alerte.

Meyer envoie alors le message à l'OKW, au QG de Rundstedt et à celui de Rommel. Mais même si Jodl voit le message, il ne fait rien. Il n'ordonne aucune mise en alerte pour la 7ème armée. L'explication, c'est qu'il a supposé que Rundstedt avait envoyé un message d'alerte. Sauf que ce dernier ne l'avait pas fait parce qu'il pensait que le QG de Rommel l'avait fait. Et du côté de Rommel ? Eh bien il n'y a aucune raison officielle d'avancée. En tout cas, il n'a pas dû prendre le message au sérieux. Ce qui est très bizarre, puisqu'il avait dit quelques jours avant qu'il pensait que le débarquement aurait lieu dans les 3 prochaines semaines.

Les nuits du 2 et du 3 juin, le message est transmis à nouveau par la BBC.

Le 4 juin, rien n'est fait non plus. Donc, pendant 3 longs jours, chose extraordinaire, la 15ème armée est mise en alerte, mais la 7ème ne l'est pas à cause de dysfonctionnements au niveau du haut commandement.

Le 5 juin, à 21h15 (en heure européenne, 22h15 heure anglaise), la seconde partie du message est transmise. Meyer prévient aussitôt le général von Salmuth, le chef de la 15ème armée. Celui-ci met la 15ème armée en alerte maximum.

Le QG de von Rundstedt est prévenu tout de suite après. Mais Blumentritt, le chef d'état-major de Rundstedt ne croit pas à la véracité de l'information. Selon lui, les alliés ne seraient pas aussi bêtes que ça d'annoncer le débarquement par radio. Qu'en est-il de Rundstedt lui-même ? On ne sait pas. Mais en tout cas, la 7ème armée n'est pas mise en alerte par le QG de von Rundstedt.

Vers 22h, Meyer prévient un peu tout le monde (OKW, QG du groupe d'armée B de Rommel, etc…) avec le message suivant : "Télétype No 2117/26. Urgent. Le message de la BBC du 5 juin à 21h15 a été décodé. Selon nos enregistrements disponibles, il signifie "attendez-vous à une invasion dans les 48 heures, commençant le 6 juin à 00h00."

On aurait pu penser qu'il préviendrait aussi la 7ème armée et le 84ème corps. Mais cette action relève du QG du groupe d'armée B. Cela-dit, comme celui-ci était quand même dans de meilleures dispositions que Blumentritt, il y avait un espoir que via le QG du groupe d'armée B, la 7ème armée soit mise en alerte. Or celui-ci ne leur donne pas non plus l'information en question.

Et donc, pendant 5 jours, la 7ème armée n'a pas été mise en alerte. Et non seulement ça, mais ni le QG de Von Rundstedt à Saint-Germain en Laye, ni la Kriegsmarine à Paris, ni le QG de Rommel à la Roche-Guyon, ni l'OKW ne manifestent la moindre réaction. C'est un peu trop extraordinaire pour être vrai. Ce genre de chose n'arrive pas, sauf si c'est voulu.

Et du coup, l'absence de divers généraux devient encore plus suspecte. Il y a une alerte qui est donnée à propos d'un débarquement imminent, et malgré tout, Rommel part en Allemagne, les généraux de la 7ème armée vont faire un kriegspiel, et l'amiral Krancke va à Bordeaux ? La moindre des choses seraient de rester sur place au cas où. Surtout que ce n'est pas comme s'ils ne se doutaient pas que le débarquement allait se faire sous peu.

Par ailleurs, autant, pour la première partie du message, il y a eu disfonctionnement dans la transmission des ordres, autant, pour la deuxième, la non mise en alerte de la 7ème armée résulte du choix du QG de Rundstedt. Pourtant, s'il estimait qu'il fallait mettre en alerte la 15ème armée, c'est qu'il pensait que malgré le mauvais temps, un débarquement était possible. Donc, pourquoi mettre la 15ème armée en alerte et pas la 7ème ? Eh bien parce qu'il fallait absolument éviter que la 7ème le soit ; parce que là, ça aurait pu entrainer l'échec du débarquement. Donc, même si ça introduisait un gros illogisme, ils ont préféré faire comme ça. Ils ont dû se dire que de toute façon, il suffirait de dire que l'ensemble du haut commandement allemand ne croyait pas à l'invasion les jours suivants, et que cette explication passerait comme une lettre à la Poste. Et puis, ça ne serait qu'un nième détail qui serait peu remarqué et qui ne serait connu que de quelques spécialistes.

Blumentritt aurait dit qu'il était ridicule que les alliés annoncent le jour du débarquement par radio. Sauf que ça n'était pas absurde du tout, puisqu'il fallait prévenir la résistance le plus vite possible pour qu'ils se mettent à saboter les chemins de fer et les communications allemandes. Comme si un général de l'expérience de Blumentritt pouvait l'ignorer. Et justement, c'est bien ce qui était en train de se passer depuis quelques jours. Les actions de sabotage s'étaient multipliées en Normandie, et Blumentritt était bien placé pour le savoir. Et par ailleurs, si le message est codé, peu importe qu'il soit lu par l'ennemi. Mais Blumentritt était très certainement dans la conspiration et jouait le naïf volontairement.

Le débarquement a été truqué lui aussi (partie 1/2)


Dans la mesure où le résultat du débarquement pouvait être assez aléatoire, là encore, les leaders juifs devaient mettre en scène la chose.

Il était hors de question que celui-ci aboutisse à un échec. En effet, l'URSS était en train d'écraser l'Allemagne. Et comme il aurait fallu un ou deux ans pour refaire une opération similaire, il aurait été très difficile de justifier une stagnation du front Est pendant tout ce temps. Et si le front ne stagnait pas, alors l'URSS aurait conquis pratiquement toute l'Europe, et aurait mis des gouvernements communistes partout. Et ça, ça ne faisait pas partie des plans des leaders juifs. Et si Staline avait mis des gouvernements communistes dans certains pays et pas dans d'autres, là encore ça aurait été difficile à justifier.

Donc, il fallait qu'Hitler et le haut commandement allemand aident les alliés à gagner, en réagissant trop lentement et insuffisamment. C'est pour ça qu'une fois encore, on constate la présence de nombreuses bizarreries, d'incohérences, "d'erreurs" un peu trop grosses et nombreuses pour être honnêtes, ainsi que de hasards un peu trop beaux pour être vrais. Tout ça, essentiellement du côté allemand bien sûr, mais pas uniquement.


1) Avant le débarquement : les désaccords arrangés entre Rommel et Rundstedt



L'échec des allemands face au débarquement ne vient pas seulement des erreurs faites lors du 6 juin, mais bien sûr aussi de celles faites avant. Les leaders juifs devaient mettre en place une stratégie perdante avant que les évènements n'arrivent. C'est logique. Le sabotage organisé par eux le jour J allait dans le bon sens, mais ça n'était pas suffisant. Il fallait optimiser largement plus l'organisation de l'échec allemand. Et pour ça, il fallait organiser les choses en amont.

Une des erreurs les plus importantes vient de l'arbitrage par Hitler du désaccord entre Rommel et Rundstedt sur la stratégie à adopter. Désaccord certainement organisé là-aussi.

Rommel soutenait que tout se jouerait le jour J, et qu'après, tout serait perdu, notamment à cause de l'aviation alliée. Il préconisait donc de maintenir les divisions allemandes au plus près des plages, afin de pouvoir écraser le débarquement dans l'œuf.

Rundstedt, son supérieur, affirmait au contraire qu'il était impossible de défendre les plages, à cause de la puissance de l'artillerie navale alliée. Il pensait par ailleurs qu'à un moment de leur avancée, les forces alliées seraient plus ou moins désorganisés et donc prenables. En conséquence de quoi, il préconisait de les attaquer un peu après leur première poussée, une fois que la marine ne pourrait plus les soutenir.
C'était donc à Hitler de trancher. Et évidemment, celui-ci a fait en sorte de prendre la pire des décisions pour pouvoir mieux faire gagner les alliés.

Il a choisi en effet de faire un compromis et de prendre un peu du plan de Rommel et un peu de celui de Rundstedt. Il a ainsi laissé quelques divisions sur les plages, et il en a mis quelques autres en retrait.
Ainsi, les troupes sur les plages n'étaient pas suffisamment puissantes pour pouvoir rejeter à la mer les alliés, et les troupes restant à l'arrière ne l'étaient pas non plus pour pouvoir les vaincre une fois les têtes de pont créées. Donc, les troupes près des plages étaient sûres d'être vaincues et celles positionnées plus dans les terres aussi.

Mais ce n'est pas tout. Hitler a également compliqué le circuit de décision pour les armées situées à l'ouest. Il a en effet tenu à ce que les troupes de panzers situées en réserve soient sous ses ordres directs. Elles ne pouvaient donc pas bouger sans son approbation.


Ça posait déjà problème en soit, puisque diriger des divisions à 1.800 kms rend forcément moins efficace le commandement. Mais surtout, le jour J, parce qu'Hitler dormait, puis parce qu'il tardait à donner l'ordre de mouvement, elles sont restées bloqué pendant de longues heures avant de pouvoir intervenir, laissant ainsi les alliés créer tranquillement leurs têtes de pont. Évidemment, ça aussi, c'était voulu. Hitler a choisi cette organisation pour faire en sorte que des unités cruciales soient paralysées le jour J afin de pouvoir mieux laisser gagner les alliés.

Au passage, certaines de ces divisions blindées seront mises vraiment très loin en retrait, comme la Panzer Lehr, qui sera stationnée à environ 130 km des plages du débarquement, la 116ème panzer, située à 130 km, près de Rouen, et surtout la 2ème division de panzer (à 320 km). Bien trop loin pour intervenir assez rapidement le jour J. Or, parmi ces unités, il y en a 2 qui appartiennent à la réserve du groupe d'armée B, et qui sont donc immédiatement disponibles, sans avoir à en référer à Hitler. Si pour la 116ème, on peut comprendre qu'il faut couvrir la zone près de Dieppe, le placement de la 2ème division est complètement illogique.